Le marché Internet, c’est d’abord le mobile!

C’était la grande surprise de la veille du week-end. Les opérateurs télécoms ont été autorisés à rétablir les services et les applications de téléphonie sur IP sur l’ensemble de leurs réseaux fixes et mobiles. Le communiqué de l’ANRT est tombé vendredi 4 novembre dans la matinée. Quelques jours auparavant, la rumeur avait enflé sur le «déblocage» imminent des appels vocaux sur WhatSapp, Viber et autres Messenger, Skype, uniquement durant la tenue de la COP22. Le régulateur des télécoms a probablement privilégié l’effet d’entraînement à la consommation de données que jouent ces applications.

Dans son communiqué, l’ANRT est restée évasive sur les motivations de sa volte-face: «Cette décision intervient suite à l’évaluation de l’évolution, tant au niveau national qu’international, de la situation des marchés des télécommunications. Et compte tenu des exigences d’un développement harmonieux du secteur au bénéfice des usagers, d’autre part».

Avec ou sans ces applications VoIP, le marché d’Internet continue de progresser. A fin septembre, le parc d’abonnés a connu une croissance de 21,8%. Il atteint 16,92 millions d’abonnés (puces actives). Cette croissance tient surtout au dynamisme de la téléphonie mobile. 9 clients sur 10 utilisent leur smartphone ou tablette pour se connecter. Avec 15,72 millions d’abonnés, l’Internet mobile marque un bond annuel de 22,7%. Ces chiffres prennent en compte la data incluse dans les abonnements téléphone.

Le parc Internet mobile «data only», quant a lui, enregistre une baisse de 7,34% par rapport au trimestre dernier et de 30% sur une année. Il a été divisé par deux en 2 ans. Le blocage de la VoIP n’est pas étranger à cette baisse sachant que l’internet mobile jouit d’un très fort taux de pénétration.

Le parc fixe s’établit à 2,12 millions d’abonnés. Malgré que le marché du fixe se contracte structurellement avec une baisse annuelle de 7,6%, le parc Internet ADSL enregistre une croissance annuelle de près de 10%. Le taux de pénétration reste néanmoins très faible à seulement 7,06%. Cela s’explique, entre autres, par la chute structurelle du téléphone fixe résidentiel et, en partie, par la cannibalisation du mobile.

Les difficultés liées au dégroupage de la boucle locale, qui ont été à l’origine du récent bras de fer entre l’ANRT et Maroc Telecom, pourraient aussi avoir joué, même de façon limitée, dans le ralentissement du marché du fixe. Selon nos informations, il n’y aurait «que» 3.000 lignes de téléphonie fixe qui échapperaient à Maroc Telecom depuis 2007, première année du dégroupage.

La facture moyenne mensuelle par client Internet est de l’ordre de 24 DH HT à fin septembre 2016, soit la même qu’en septembre 2015. Pour l’internet mobile, cette facture est passée de 17 DH HT par mois et par client à fin septembre 2015 à 18 DH HT à fin septembre 2016. Soit une hausse de 6%. Les 2/3 des souscripteurs à une offre ADSL optent pour un débit de 4mb/s. La facture a atteint 97 DH HT par client à fin septembre 2016, enregistrant une hausse de 2% sur une année.

 

Source: L'Economiste - le:07/11/2016