Révolution digitale: Nouvelle terre promise de l’entreprise

Entre contraintes financières, technologiques et humaines, les PME marocaines sont en retard en matière d’adoption des technologies de l’information. L’infrastructure reste le poste d’investissement principal, alors que les services Cloud ne représentent que 3% de l’enveloppe, ou 2% pour la Big Data

Face aux 17 millions d’internautes marocains, soit plus de 57% de la population, le pays doit travailler à démystifier les nouveaux concepts du numérique. Créer l’écosystème utile aux opportunités offertes par ces nouvelles technologies. Big data, Smart cities, Data analytics ou uberisation des métiers sont quelques unes des tendances porteuses pour l’entreprise, mais qui comportent également des risques nouveaux à appréhender et maîtriser. Alors plutôt que de parler de suppression de postes due à l’optimisation des process et l’automatisation du travail par la machine, il est préférable de parler de reconversion ou évolution des métiers et des fonctions. Chief digital officer, Data scientist ou chief data officer s’inscrivent comme les nouveaux profils. La transformation digitale est un enjeu incontournable pour toutes les entreprises. Une preuve qui n’est plus à faire. Sauf que cette transformation se joue dans des environnements très différents et au travers de problématiques extrêmement variées. La Data apparaît comme un gisement intarissable de richesses non encore évalué ni dans les bilans financiers, ni dans le goodwill des organisations. Pour autant, les sociétés qui sauraient en faire un levier de développement et de création d’opportunités auront une nette avance sur leurs pairs. Pendant la révolution industrielle, les pays qui ont su s’inscrire comme leaders dans l’industrie ne sont-ils pas devenus des pays leaders dans le monde? Même horizon pour cette révolution numérique d’aujourd’hui. Plusieurs études et success stories montrent que les entreprises qui injectent des données et de l’analytics au coeur de leurs opérations, ont tendance à s’offrir des gains de productivité et de profit plus importants que ceux de leurs concurrents (+5 à 6%), une plus grande transparence et de meilleures prévisions. Les entreprises ont tout intérêt à se faire accompagner par des professionnels pour choisir des applications disponibles en version Cloud, prévoir des formations et des accompagnements adaptés et bénéficier des financements proposés par le gouvernement. Dans le monde, 68% des 3,025 milliards d’internautes sont actifs sur les réseaux sociaux. Soit 28% de la population mondiale. Voilà comment le digital ouvre une fenêtre gigantesque aux entreprises sur un gisement accessible de potentiels consommateurs. Pourvu qu’elles travaillent le ciblage et l’analyse comportementale. Il devient inconcevable dans toute stratégie de développement de ne pas tenir compte de cette population, considérée comme le 2e continent le plus peuplé de la planète.

Source: L'Economiste - le:15/11/2016